2–12 novembre 2025 – Sénégal – Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), à travers son Secrétariat continental, en étroite collaboration avec la Direction du suivi et de l’évaluation des politiques de bonne gouvernance du Ministère de la Justice (Ministère Point Focal du MAEP au Sénégal), et avec l’appui technique et financier de la GIZ, a conduit une série de missions de sensibilisation visant à contribuer à la prévention et à la réduction des conflits communautaires liés à la gouvernance foncière.
Conformément aux priorités identifiées dans le Rapport sur la Gouvernance en Afrique 2025 (RGA 2025), ces activités se sont déroulées dans trois régions particulièrement touchées par des conflits fonciers récurrents, des contradictions entre pratiques locales et législation nationale, des lotissements irréguliers, ainsi que des tensions agro-pastorales. L’objectif général de la mission était d’appuyer la mise en place d’un cadre inclusif de prévention et de résolution des conflits fonciers dans les régions de Kédougou, Matam et Thiès.
Étape de Kédougou
La première étape de la mission s’est déroulée à Kédougou, où des exposés suivis d’échanges sur le cadre juridique et les mécanismes de prévention et de résolution des conflits ont permis de recueillir des propositions concrètes en vue d’identifier des solutions durables.
Le Gouverneur de la région de Kédougou, M. Mouhamadoul Moustapha Gaye, a salué la pertinence des exposés et des discussions, soulignant que l’atelier a contribué à promouvoir une gestion foncière plus transparente, participative et apaisée, tout en renforçant les capacités des acteurs locaux et en favorisant le dialogue.
Pour sa part, le Dr Ousmane Kanté, Directeur du suivi et de l’évaluation des politiques de bonne gouvernance et Secrétaire permanent du MAEP-Sénégal, a indiqué que la gouvernance foncière constitue une problématique particulièrement sensible et complexe au Sénégal, nécessitant une réforme foncière envisagée au plus haut niveau de l’État. Il a également insisté sur l’importance des approches de proximité au sein des communautés, notamment dans la région minière de Kédougou, afin de renforcer la sensibilisation et d’identifier des mécanismes efficaces de prévention et de résolution des conflits.
Étape de Matam
La mission s’est ensuite déportée dans la région de Matam, caractérisée par une forte interaction entre activités agricoles et pastorales autour de l’exploitation des ressources foncières. Les échanges ont été présidés par le Gouverneur de la région, M. Saïd Dia, qui a indiqué que cette mission de terrain constituait une opportunité importante pour les élus locaux et les représentants communautaires, dans un contexte où la gouvernance foncière exige compétence, intégrité, transparence et une bonne maîtrise des textes juridiques par l’ensemble des acteurs étatiques et locaux.
Les discussions ont mis en évidence la persistance et la force des pratiques coutumières, liées à l’organisation sociale de la région, où les autorités traditionnelles et religieuses jouent un rôle central et exercent une forte influence sur les populations. Les parties prenantes ont également relevé plusieurs défis majeurs entravant la bonne gouvernance foncière à Matam, notamment la faible appropriation des textes et des procédures par certaines autorités, la concurrence entre pratiques coutumières et droit positif, ainsi que les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs.
Étape de Thiès
La troisième et dernière étape de la mission s’est tenue dans la région de Thiès, dont la proximité avec Dakar la rend particulièrement exposée à divers défis fonciers. Le développement des infrastructures, l’expansion des zones résidentielles modernes et d’autres facteurs économiques accroissent la pression sur le foncier et les risques de conflits.
Dans une interview accordée aux médias sénégalais, le Dr Ousmane Kanté a expliqué que ces missions de sensibilisation s’inscrivent dans la mise en œuvre des recommandations du RGA 2025, dont le thème central porte sur la gouvernance des ressources naturelles. Il a précisé que le Sénégal a été sélectionné comme pays pilote pour conduire une évaluation institutionnelle approfondie et une réflexion stratégique sur les mécanismes de prévention et de résolution des conflits. Cette évaluation a permis d’identifier plusieurs constats majeurs et de formuler des recommandations, dont l’une des plus urgentes concerne la sensibilisation de l’ensemble des parties prenantes aux bonnes pratiques en matière de gouvernance foncière, afin de clarifier les rôles et responsabilités de chaque acteur et de réduire durablement les conflits.
Au total, la mission a permis de sensibiliser et de renforcer les capacités de 160 participants, dont 46 à Kédougou, 69 à Matam et 45 à Thiès. Elle a également contribué à la collecte d’informations essentielles sur la nature des conflits fonciers, leurs causes profondes et les mécanismes de résolution existants. Sur la base des insuffisances identifiées, des propositions concrètes d’amélioration ont été formulées.
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